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[Critique] Blanche-Neige et le Chasseur (Rupert Sanders)

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Blanche-Neige et le Chasseur (Snow White and the Huntsman), durée 2h06, sortie cinéma le 13 juin 2012, réalisé par Rupert Sanders, avec Kristen Stewart, Chris Hemsworth, Charlize Theron, …

Après une n-ième relecture du conte des Frères Grimm sortie en avril 2012 au cinéma, Universal Pictures nous propose à son tour de découvrir une nouvelle version signée Evan Daugherty. Réalisé par Rupert Sanders à qui l’on doit certaines des plus belles publicités de ces dernières années, Blanche-Neige et le Chasseur avait tout du projet risqué puisque le tournage n’a débuté qu’à l’automne 2011, ce qui laissa très peu de temps aux équipes en charge des effets spéciaux pour arriver à un résultat digne du grand écran. Un pari relevé avec brio malgré les délais puisque ce n’est pas vraiment de ce côté là que le film déçoit…

Dans des temps immémoriaux où la magie, les fées et les nains étaient monnaie courante, naquit un jour l’unique enfant d’un bon roi et de son épouse chérie : une fille aux lèvres rouge sang, à la chevelure noire comme l’ébène et à la peau blanche comme neige. Et voilà précisément où l’histoire que vous croyiez connaître prend fin et où la nouvelle adaptation épique et envoutante de ce célèbre conte des frères Grimm débute. Notre héroïne, dont la beauté vient entacher la suprématie de l’orgueilleuse Reine Ravenna et déclencher son courroux, n’a plus rien d’une damoiselle en détresse, et la cruelle marâtre en quête de jeunesse éternelle ignore que sa seule et unique rivale a été formée à l’art de la guerre par le chasseur qu’elle avait elle-même envoyé pour la capturer. Alliant leurs forces, Blanche-Neige et le chasseur vont fomenter une rébellion et lever une armée pour reconquérir le royaume de Tabor et libérer son peuple du joug de l’impitoyable Ravenna.

Après une légère introduction revenant sur la naissance de Blanche-Neige, mais également sur les circonstances qui ont amenées le Roi à être assassiné lors de sa nuit de noces, le spectateur est transporté sept ans plus tard, tandis que Blanche-Neige se morfond dans les geôles du Château. Interprétée par Kristen Stewart (Twilight), l’ex-Princesse y est gardée captive par Ravenna (Charlize Theron) qui ne semble pas avoir pris conscience du danger qu’elle représente. Coup de chance ou révélation divine, toujours est-il que cette dernière parvient à s’enfuir juste à temps pour échapper à une mort certaine! La Reine lance alors ses plus fidèles serviteurs à sa poursuite, dont son idiot de frère incarné par Sam Spruell, mais également un Chasseur (Chris Hemsworth, Thor) à qui elle promet monts et merveilles en échange du coeur de la jeune fugitive. Las, un concours de circonstances l’amènera à devenir le nouvel allié de Blanche-Neige dans sa quête pour retrouver le Trône, ceci afin de redonner de l’espoir aux habitants du Royaume vivant dans la terreur depuis bien trop longtemps …

Deux cent ans après le conte des Frères Grimm, Blanche-Neige et le Chasseur utilise donc certains éléments issus du matériel d’origine, sans pour autant réussir à justifier leur intégration. La Reine aime se pavaner devant son miroir en lui demandant qui est la plus belle, les sept nains sont également au rendez-vous mais se sont tournés vers la contrebande et la pomme est toujours le fruit le plus dangereux du monde, tout particulièrement lorsque celle-ci est empoisonnée. Soit, les ingrédients sont tous présents mais fleurent bon le calvaire pour le réalisateur qui tente, tant bien que mal, de les intégrer au récit. Et l’exemple le plus flagrant reste bien évidemment la quête de la beauté car il y a de quoi rester interloqué devant le fait que Kristen Stewart soit considérée comme plus belle que Charlize Theron !!!

Et tant que l’on baigne dans le ridicule, comment ne pas citer le passage où Blanche-Neige essaye de galvaniser ses troupes afin de partir à l’assaut du Château de la Reine, un discours qui sonne tellement creux qu’il en devient risible (un peu comme l’armure qu’elle portera lors de l’assaut final) ! Afin de donner un souffle épique à cette relecture heroic-fantasy, les scénaristes nous proposent tout de même de magnifiques décors, un grand cerf blanc apparenté à Dame Nature, un troll hyper violent qui finira par s’agenouiller devant Blanche-Neige, une forêt « hantée », des créatures magiques et un nouveau triangle amoureux (avec le Chasseur, mais également William, son ami d’enfance) qui n’est pas sans rappeler certains films « vampiresques ». Vous l’aurez compris, la partie visuelle reste tout de même une franche réussite, le talent du réalisateur n’y étant certainement pas étranger, et il aurait certainement été intéressant de voir ce film dans de meilleures conditions; comprenez par là avec un peu plus de travail, que ce soit sur le fond comme sur la forme. Heureusement, les premiers chiffres aux box-office américain étant plus que corrects, une suite a d’ores et déjà commandée par les studios ! Espérons simplement qu’ils prendront le temps nécessaire pour nous proposer une aventure digne de ce nom…

Mon avis
Blanche-Neige et le Chasseur
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Note: 5 sur 10

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