Critiques Cinéma

[Critique] Sucker Punch (Zack Snyder)

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Sucker Punch, durée 1h50, sortie cinéma le 30 mars 2011, réalisé par Zack Snyder, avec Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone, Vanessa Hudgens, Jamie Chung, Carla Gugino, Scott Glenn, …

Après nous avoir offert un très honnête remake de L’Armée des Morts, puis trois adaptations fort bien reçues par le public (300, Watchmen, Ga’Hoole), Zack Snyder nous livre ici son premier film tiré d’un scénario original: Sucker Punch. Connu pour ses déballages d’effets spéciaux et ses scènes d’action survitaminées, il n’est guère étonnant de le voir désormais s’atteler à l’écriture. Mais créer un univers, une histoire et des personnages de toutes pièces n’est pas une mince affaire et certaines personnes sont finalement plus à l’aise avec la caméra qu’avec une plume…

Fermez les yeux. Libérez-vous l’esprit. Rien ne vous prépare à ce qui va suivre. Bienvenue dans l’imaginaire débordant d’une jeune fille dont les rêves sont la seule échappatoire à sa vie cauchemardesque… S’affranchissant des contraintes de temps et d’espace, elle est libre d’aller là où l’entraîne son imagination, jusqu’à brouiller la frontière entre réalité et fantasme…
Enfermée contre son gré, Babydoll a toujours envie de se battre pour reconquérir sa liberté. Combative, elle pousse quatre autres jeunes filles – la timorée Sweet Pea, Rocket la grande gueule, Blondie la futée, et la loyale Amber – à s’unir pour échapper à leurs redoutables ravisseurs, Blue et Madame Gorski – avant que le mystérieux High Roller ne vienne s’emparer de Babydoll.
Avec Babydoll à leur tête, les filles partent en guerre contre des créatures fantastiques, des samouraïs et des serpents, grâce à un arsenal virtuel et à l’aide d’un Sage. Mais ce n’est qu’à ce prix qu’elles pourront – peut-être – recouvrer la liberté…

La première claque visuelle réside dans l’introduction du film, parfaitement calibrée, qui nous conte les mésaventures d’une jeune fille (Emily Browning alias Babydoll) aux prises avec un beau-père révélant son côté sadique suite à la mort tragique de sa mère. L’action prend place dans les années 50 et cette mise-en-bouche au rythme de « Sweet Dreams » (le tube d’Eurythmic, interprété ici par l’actrice principale) nous plonge directement dans l’ambiance. Déclarée folle suite au décès de sa soeur, Babydoll se retrouve dans un hôpital psychiatrique où rien ne lui sera épargné, pas même une lobotomie qui doit être pratiquée d’ici cinq jours et qui devrait éradiquer le moindre souvenir qu’elle gardait des méfaits de son beau-père.

Mais la jeune fille est bel et bien déterminée à retrouver sa liberté et entraine quatre autres jeunes filles dans son combat: Sweet Pea (Abbie Cornish), Rocket (Jena Malone), Blondie (Vanessa Hudgens) et Amber (Jamie Chung). Pour s’évader, elles devront réunir cinq objets (une carte, le feu, un couteau, une clé et un élément mystérieux) pour autant d’épreuves. Mais à la manière d’un film comme Inception, Sucker Punch se lit sur plusieurs niveaux! Outre l’asile, les pensées de la jeune fille nous projettent dans un cabaret où la notion de comédie musicale n’est qu’une façade permettant au propriétaire du club de faire vivre son réseau de proxénétisme. Et c’est ici, quand Babydoll se met à danser devant les clients, qu’elle entraine ses petites camarades dans ses rêveries fantasmagoriques où l’action prévaut sur le reste…

Place à l’action non-stop dans cette troisième phase où Zack Snyder passe à la moulinette de nombreuses références vidéoludiques: combat au sabre contre des samouraïs géants, fusillades dans les tranchées contre des soldats nazis-zombies, assaut d’un château renfermant un dragon légendaire, attaque d’un train surprotégé par des robots et j’en passe! Ces séquences, ultra-rythmées, agissent comme une drogue pour les spectateurs, à tel point que lorsque la première scène se termine, et que l’héroïne nous renvoie dans son cabaret, l’ennui commence à nous guetter… Bien sûr, nos cinq héroïnes sont sexy à souhait dans leurs tenues de gala, mais l’intrigue de cette phase peine à nous intéresser et l’on se prend à attendre impatiemment la prochaine étape de leur parcours initiatique!

Ajoutez à cela une bande son dantesque, saupoudrée de bon nombre de remixes, et vous obtiendrez le film imparfait d’un surdoué du cinéma Hollywoodien. Imparfait car n’est pas scénariste qui veut et que certains passages restent assez obscurs. Imparfait car les phases d’action baissent d’intensité au fur et à mesure du film, comme si les meilleures idées avaient été regroupées dans la première heure. Imparfait enfin car certains second rôles auraient mérité plus d’épaisseur, à commencer par Carla Gugino (Docteur Vera Gorski) ou encore Scott Glenn qui incarne tour à tour le Sage et le Chef des Opérations Militaires. Mais finalement, il serait malvenu de bouder notre plaisir face à ce déferlement d’effets spéciaux et de certaines scènes amenées à devenir cultes dans la communauté « geek »! Sucker Punch ne sera sans doute pas le film le plus abouti de l’année, mais il serait franchement dommageable de faire l’impasse suite à quelques critiques peu flatteuses. A voir, et à revoir pour se forger sa propre opinion…

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Note: 7 sur 10

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