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[Critique] The Dark Knight Rises (Christopher Nolan)

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The Dark Knight Rises, durée 2h44, sortie cinéma le 25 juillet 2012, réalisé par Christopher Nolan, avec Christian Bale, Anne Hathaway, Tom Hardy, …

En 1989, Tim Burton redonnait vie à l’un des plus grands super-héros de DC Comics, Batman, alors incarné par Michael Keaton. S’en suivirent trois suites qui finirent par tourner le héros en ridicule, que ce soit sous les traits de Val Kilmer ou de George Clooney. Heureusement pour nous, Christopher Nolan (Memento, Le Prestige, Inception) eut la bonne idée de nous offrir sa propre lecture de Batman dès 2005 avec Batman Begins, premier épisode d’une nouvelle trilogie qui s’annonçait d’ores et déjà épique. Trois ans plus tard, The Dark Knight « Le Chevalier Noir » remporta tous les suffrages et aligna de nombreux succès au box-office, se permettant même de dépasser la barre symbolique du milliard de dollars de recettes mondiales. Bien conscients de la pression qui reposait désormais sur leurs épaules, il aura donc fallu quatre ans aux frères Nolan pour nous offrir ce troisième opus, très justement intitulé The Dark Knight Rises; quatre longues années qui ont permis au réalisateur de prendre le temps nécessaire afin de clore sa trilogie en apothéose…

Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S’accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l’arsenal de lois répressif initié par Dent.
Mais c’est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l’arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l’exil qu’il s’est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n’est peut-être plus de taille à affronter Bane…

Et si le film sort quatre ans après le second volet, l’histoire prend place huit années après les derniers évènements de The Dark Knight. Le procureur Harvey « Double Face » Dent est mort et le Commissaire James Gordon (Gary Oldman) a élevé ce dernier en héros, en lieu et place de Batman, devenu l’ennemi à abattre. Malgré cela, durant ces huit années où plus personne n’a aperçu le Chevalier Noir, le crime a atteint son niveau le plus bas et Gotham City semble désormais se reposer sur ses forces de police… Mais c’était sans compter sur une brute épaisse, Bane (Tom Hardy), bien décidée à prendre en main la destinée de la ville et de ses douze millions d’âmes! Et bien évidemment, seul le Dark Knight est à même d’affronter cette nouvelle menace; à se demander si ce ne serait pas le but recherché, surtout lorsque Wayne Entreprises se retrouve au bord du gouffre, sans le moindre fond dans ses caisses…

Il faudra donc attendre 45 minutes avant de voir Bruce Wayne (Christian Bale) revêtir son costume de Chauve-Souris, une introduction que certains spectateurs trouveront certainement un peu longue, d’autant plus qu’il aura suffit d’une discussion de quelques minutes avec un parfait inconnu, l’officier de police John Blake (Joseph Gordon-Levitt), pour que le milliardaire, qui apparaissait jusque là très affaibli (tant moralement que sur le plan physique), ait de nouveaux envie de faire régner l’ordre. Certes, la ficelle est un peu grosse, mais l’on se résout rapidement à l’accepter tant l’histoire est bien amenée. Et en parlant de personnages bien introduits dans la trame scénaristique, notons également la présence de Sélina « Cat » Kyle (Anne Hathaway), voleuse de son état, mais dont les relations resteront longtemps ambiguës vis-à-vis de notre héros: parfois complice, parfois vicieuse, le personnage ne laissera personne indifférent, et encore moins dans sa tenue ultra-sexy/moulante en cuir !

Rassurez-vous, le casting ne s’arrête pas aux super-héros/super-flics puisque Marion Cotillard prête ici ses traits à Miranda Tate, une écologiste un brin fortunée qui va assez logiquement craquer pour Bruce Wayne, Morgan Freeman reprend son rôle de Lucius Fox, CEO de Wayne Entreprises, Michael Caine est une fois de plus remarquable en majordome/confident (Alfred), et certains personnages charismatiques du premier volet se permettent même de refaire une apparition fugace (Liam Neeson, Cillian Murphy, …).

Malheureusement, malgré la présence de Lucius Fox, les gadgets sont beaucoup moins présents dans The Dark Knight Rises… La Batpod est une fois de plus phénoménale, surtout chevauchée par Sélina Kyle, et un nouvel engin fait son apparition, le Bat, engin volant assez difficile à décrire (un hélicoptère inversé ?), mais aux capacités hautement destructrices ! Pour le reste, oubliez les grappins, les batarangs ou autres gadgets ! Tout juste a-t-on l’occasion d’apercevoir quelques shurikens bien envoyés…

Au rayon des mini-déceptions, il faut toutefois noter que la voix de Bane est quasi incompréhensible en VO, malgré certains effets qui laisseraient à penser que la voix a été retravaillée en post-production, et qu’il m’a semblé noter 2 ou 3 incohérences dans la dernière partie du film. Mais le film est tellement fignolé que le spectacle est assuré de bout en bout et que certains spectateurs ne devraient pas se remettre des multiples rebondissements qui viennent ponctuer le dernier quart d’heure (au point de verser quelques larmes, ou même de vouloir revoir rapidement le film sous un oeil nouveau). Alors certes, certaines personnes risquent d’être déçus en ne retrouvant pas en Bane le charisme d’un Joker ou d’un Ra’s al Ghul, et pourtant force est de constater que Bane n’est pas qu’une montage de muscles : c’est également un psychopate grandement intelligent, que ce soit dans sa manière d’échaffauder ses plans machiavéliques, de manipuler les gens, mais également dans sa façon de s’exprimer (quand on réussit à le comprendre). Et avouez qu’il faut bien cela pour réussir à mettre le Chevalier Noir à genoux…

The Dark Knight Rises devrait donc certainement diviser les foules, notamment pour ceux qui regretteront que certains personnages ne soient que survolés (et pourtant en 2h45, il y avait assez de temps pour approfondir certains points), mais ne laissera personne indifférent. Pour ma part, j’ai trouvé que le film était une superbe conclusion au travail initié en 2005 par Christopher Nolan et Christian Bale. Le nombre de références aux films précédents permet de bien comprendre qu’il faut voir la trilogie comme une seule oeuvre, retraçant la naissance, la vie et la décadence d’un homme et d’un héros. La barre a été mise très haute par cette conclusion et si Warner se met en tête de relancer la franchise dans les années à venir, nul doute que bon nombre de réalisateurs devrait avoir peur de s’y frotter. Quant aux autres films d’action/thriller attendus dans les prochains mois, ils risquent tout simplement de paraître bien ternes face à la surenchère (en terme de spectacle et d’émotions) affichée par TDKR…

Mon avis
The Dark Knight Rises
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Note: 9 sur 10

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